France 2 a adapté "Rouge Brésil" de Jean-Christophe Rufin…

"Rouge Brésil" de Jean-Christophe Rufin, lauréat du Prix Goncourt 2001, qui raconte un épisode méconnu de la conquête française au Brésil au 16ème siècle, a été adapté pour la télévision en deux épisodes de 90 minutes et sera diffusé sur France 2 les 22 et 23 janvier.

Co-produit par la France, le Brésil et le Canada, ce téléfilm de trois heures, présenté mi-décembre à l'ambassade du Brésil à Paris, est relativement fidèle, dans le choix du traitement, au roman de l'académicien, médecin, diplomate, et globe-trotteur humanitaire.

Il raconte la première conquête du Brésil par les Français, sous la conduite d'un chevalier de l'ordre de Malte, Yves de Villegagnon (l'acteur suédois Stellan Skarsgard) qui part fonder la France antarctique sous les tropiques en 1555.

En comme dans le roman, qui tire son titre du nom d'un bois précieux brésilien et mêle faits réels et fiction, l'histoire est portée par quelques protagonistes dont deux adolescents, frère et soeur, Just (Théo Frilet) et Colombe (Juliette Lamboley), à la recherche de leur père disparu et liés par un amour incestueux.

Just et Colombe sont embarqués dans l'expédition pour servir d'interprètes auprès des Indiens. Leur découverte du nouveau monde, sauvage et à la nature exubérante, est une plongée dans le choc des civilisations, "cet instant de la découverte qui contient en germe toutes les passions et tous les malentendus à naître", indique Jean-Christophe Rufin dans sa postface.

Pour créer la colonie, l'amiral Villegagnon s'implante avec tout son équipage dans une île de la baie de Rio de Janeiro, appelée Guanabara où il érige le fort Coligny, afin de résister à la conquête des terres par les Portugais.

Des difficultés de tous ordres et notamment la corruption vont compromettre son entreprise, l'obligeant à accepter l'aide d'une expédition calviniste dont l'arrivée transformera l'île en champ de bataille théologique et sanglant, comme un prélude des guerres de religion qui ravageront la France.

Après avoir lu le scénario de Daniel Tonachella, Jean-Christophe Rufin explique à l'AFP s'être "abstrait" du tournage et de la réalisation de Sylvain Archambault "par souci de respect pour la créativité". Et s'il "ne reconnaît pas totalement son roman" dans cette adaptation, il dit avoir été "séduit par le choix des acteurs, notamment celui des enfants", ses "préférés" dans le téléfilm, et par les "couleurs magnifiques de l'ensemble, comme celles qu'il avait dans la tête, au moment de l'écriture", ayant vécu lui-même au Brésil.

"Ce sont deux dramaturgies différentes. La transposition a une valeur constructive. Il restera toujours une part du roman qui ne pourra pas être transposée, et en cela, l'adaptation n'appauvrit pas le texte", ajoute-t-il, en espérant que le téléfilm poussera le grand public à lire ou relire le roman.

L'un des aspects les plus réussis du téléfilm, co-produit par Nicolas Traube (Guerre et Paix, Coco Chanel) est qu'il montre comment à cette époque, la vision européenne du "sauvage" change. "On passe du cannibale au bon sauvage de Montaigne", dit M. Rufin.

Une "expérience passionnante", commente Juliette Lamboley (Colombe) qui parle de "trois mois de tournage éprouvants", au Brésil et en France, et du "gros travail" qu'elle a fourni pour rendre crédible son personnage dans son évolution et son voyage initiatique, notamment par rapport à son frère.

"Elle change beaucoup entre le tout début du film et la fin mais elle a beaucoup de caractère, elle devient plus dure que Just, va vivre avec les Indiens. Elle est beaucoup plus moderne que son frère dans son approche de l'autre", ajoute l'actrice.

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